Béatrice explique

pourquoi elle a choisi les réalisateurs et les oeuvres

qui entourent et illustrent les films de L. Starewitch au cours de cette soirée :

 

Les allumettes ensorcelées d’Emile Cohl, 1913. Muet, noir & blanc, 5 minutes, 16 mm.

Quand L. Starewith a compris qu’il ne pourrait pas filmer les vrais Lucanus Cervus en train de combattre, il s’est souvenu de projections de films à trucages auxquelles il avait assisté. Par exemple un petit film dans lequel des allumettes disposées sur une table se rangeaient toutes seule dans leur boite. Très certainement Les Allumettes animées réalisé en 1908 par Emile Cohl.

Né en 1882 . En 1908 il a 26 ans… Il réalise ses premiers films d’ethnographie en 1909. Et son premier film image par image en 1910, 15 mètres : Lucanus Cervus , le combat de deux scarabées cerfs-volants.

Microcosmos de Claude Nuridsany et Marie Perrenou, 1996. Couleur, 72 minutes, 35 mm.

Le peuple de l’herbe !

Les deux réalisateurs ont porté à l’écran cette scène du combat de deux Lucanus Cervus qui a marqué le passage de Starewitch entomologiste à Starewitch réalisateur-savant jusqu’à la fin de sa vie, avec de vrais scarabées, environ 80 ans après L. Starewitch.

Le Briquet magique de Bobgan Zoubovitch. 1949, muet, noir et blanc, 20 minutes, 35 mm.

Arrivé de sa Lituanie au milieu des années 1920, Bob Zoubovitch est venu travailler chez L. Starewitch pendant environ deux ans. Il a participé à la réalisation de La Cigale et la fourmi et L’Horloge Magique (dans lequel il joue un rôle à côté de Nina). C’est en observant L. Starewitch qu’il a appris l’animation avant de se lancer dans ses propres réalisations, beaucoup plus simples du point de vue technique. B. Zoubovitch considérait que le travail réalisé par L. Starewitch dans ses films était presque inhumain.

La Cigale et la fourmi de Georges Lacroix et Fantôme. Avec des paroles de Pierre Perret. 1989-1992. 5 minutes, vidéo. Animation en images de synthèse 3 D.

Pierre Perret dit que ce sont les rois de l’animation en trois dimensions sur ordinateur. Et il a bien raison ! La technique débutait, Fantôme se lançait dans un monde neuf à explorer cet aspect novateur et de pionnier ressemblait à L. Starewitch ; lui aussi aurait sauté sur la technique nouvelle et l’aurait triturée dans tous les sens pour en sortir le maximum et la faire progresser sans relâche.

Quand dans à la fin des années 80 G. Lacroix et son équipe nous ont contactés pour publier un beau livre sur L Starewitch tout nous a séduit dans ce projet et cette équipe : modernité dynamique, talent, remarquable modestie. Hélas ce livre n’a pas vu le jour.

Mais au fil des années et des rencontres, G. Lacroix, grand admirateur de L. Starewitch, nous a toujours soutenus et encouragés dans la restauration et la diffusion des films.

Et je suis heureuse d’avoir le prétexte de La Cigale et de la fourmi traitée par L. Starewitch et par Fantôme pour exprimer à G. Lacroix mes remerciements.

Il y a environ 60 ans d’écart entre les deux films.

Les similitudes :

Deux films en trois dimensions,

Deux films en couleurs ; dans la version de L. Starewitch de 1927 il y a des virages, des teintages un total de onze couleurs différentes,

Deux lectures personnelles de La Fontaine.

Les différences

Fantôme a partagé la vedette avec Pierre Perret qui a vivifié le texte de La Fontaine avec audace et drôlerie, cette superbe équipe a su marier humour et ordinateur !

La Belle et la bête de Jean Cocteau, 1946. 1954, noir & blanc, 100 minutes, 35 mm. Avec Jean Marais et Josette Day.

Il arrive que les deux films (La Belle et la bête et Le Lion devenu vieux) soient programmés ensemble et c’est pour moi une très grande satisfaction. J’ai l’impression que deux éléments d’un tout sont enfin réunis.

Chez Cocteau le conte fantastique de Madame Leprince de Beaumont devient une méditation sur l’amour, la mort et la poésie.

Chez Starewitch la fable de La Fontaine est une méditation sur la vieillesse, et le pouvoir. L’amour et la mort sont évoqués de façon poétique.

La méditation de Cocteau est sublimée par l’esthétisme de l’extraordinaire grimage et du somptueux costume de la Bête. (Jean Marais- Avenant - costume : Escoffier)

L’atmosphère et le rythme qui auréolent Avenant sont au-delà de l’expression.

La bête, mi homme – mi lion, est le frère de solitude du lion devenu vieux de Starewitch.

LEtrange Noël de Monsieur Jack d’Henry Selick et Tim Burton. (The Nightmare Before Chistmas). E.U.A., 1994, couleur, 78 minutes, 35 mm.

Certains personnages de L’Etrange Noël de Monsieur Jack ne sont pas sans évoquer des caractères du film de Starewitch Fétiche Mascotte.

Mister Jack est un phasme par exemple et se meut comme le danseur des Yeux du Dragon.

Il faut savoir que les films de Starewitch ont été exportés dans le monde entier, par exemple La Cigale et la Fourmi a été tirée à 140 exemplaires en 1911 et que cela a permis de les conserver à la fois matériellement et surtout dans la mémoire au fil du temps : des copies sont conservées et visionnées dans le monde entier (surtout anglo-saxon).

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