Dans le cadre de ses cartes blanches accordées à des réalisateurs de films d’animation, le Forum des images, à Paris, a consacré le

jeudi 9 janvier 2003

un Hommage à Ladislas Starewitch

Organisé par Xavier Kawa-Topor

Présenté par Béatrice Martin-Starewitch

Cette soirée composée de deux programmes (19 heures et 21 heures) a mêlé des films de Ladislas Starewitch et des films d’autres réalisateurs qui établissent dans leurs oeuvres, d’une façon ou d’une autre, une correspondance avec l’univers de Ladislas Starewitch.

A cette occasion ont été projetés cinq films inédits de Ladislas Starewitch : La Cigale et la fourmi (version 1927), Les Grenouilles qui demandent un roi, La Petite Parade, Comment naît et s’anime une ciné-marionnette et Carrousel boréal.

Les films muets ont été accompagnés au piano par Jean-Marie Sénia

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Cette soirée a été exceptionnelle pour nous : elle a été l'aboutissement d'un long travail de restauration de nouveaux films commencé en septembre 2001. Elle a été, de part les nombreux témoignages de spectateurs plus ou moins spécialistes du cinéma d'animation ou des films de L. Starewitch, exceptionnelle pour le public* (malheureusement il semble que tout le monde n'ait pas pu entrer dans la salle !) et exceptionnelle aussi pour L. Starewitch dont certains des films présentés ce 9 janvier 2003, n'avaient plus été projetés depuis les années 1920 ou 1930... Merci au Forum des images d'avoir accueilli cette manifestation et à toute l'équipe de Xavier Kawa-Topor de l'avoir organisée ! Merci à Jean-Marie Sénia pour sa musique qui valorise encore les films.

* Plusieurs personnes qui pensaient connaître L. Starewitch ont encore été surprises !

Chacun a exprimé le plaisir et l’émotion ressentis au cours de cette soirée.

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Béatrice et Xavier Kawa-Topor

 

De gauche à droite :

Marina Feodoroff (AFCA), Philippe Caillet (Ciné32), Marc Bony (GBK), Léona-Béatrice Martin Starewitch, Jean-Marie Sénia (musicien), Xavier Kawa-Topor (Forum des Images) et José Deza (étudiant).

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Nous vous proposons de revivre cette soirée de trois façons :

* en consultant ci-dessous le programme des films projetés :

* en lisant la présentation que Béatrice a faite des oeuvres des autres réalisateurs présents aux côtés de L. Starewitch au cours de cette soirée.

* en lisant la présentation du travail de restauration qui a été réalisé pour les nouveaux films de L. Starewitch.

 

Le programme de la soirée :

19h

Les Allumettes ensorcelées

de Emile Cohl

France - 1913 muet– n&b - 5min (16mm)

Emile Cohl, inventeur du dessin animé cinématographique, influença les débuts de la carrière artistique de Ladislas Starewitch avec son film Les Allumettes animées, réalisé en 1908 et diffusé en Russie dans les années 1900. Ce film a semble-t-il disparu mais la version de 1913, produite pour Eclair en est assez proche.

Microcosmos

Extrait de 3’ environ

de Claude Nuridsany et Marie Pérennou.

France - 1996 - couleur - 72min (35mm)

Une belle journée d'été dans une prairie de l’Aveyron, vécue à l'échelle d'une fourmi, d'une abeille, d'un escargot. Des moments de grâce et des drames comme le combat homérique de deux lucanes (cerfs-volants) tel que Ladislas Starewitch l’avait mis en scène en 1910 Lucanus Cervus, dont il ne reste aujourd’hui qu’un photogramme.

Le Noël des insectes

de Ladislas Starewitch

Russie - 1911 – muet - virage couleur – 5 min (35mm)

Père Froidure organise le Noël des plus petits des animaux de la forêt : lucanes, grenouille, sauterelle…

La Cigale et la fourmi (version restaurée inédite)

De Ladislas Starewitch

France – 1927 – muet - teintages et virages couleurs - 17min (35mm)

La Cigale naît au printemps…d’après La Fontaine et …Starewitch !

La Cigale et la fourmi (Fables géométriques)

de Georges Lacroix

France - 1989-1992 - couleur - 5min (vidéo)

Libre adaptation des fables de La Fontaine et d’Esope réalisée en images de synthèse 3D. Pierre Perret, le conteur, a écrit textes, morales et chansons. Episode présenté : La Cigale et la fourmi.

Les Grenouilles qui demandent un roi (version restaurée inédite)

de Ladislas Starewitch

France - 1922 – muet - virages couleurs - 18 min (35mm)

De la démocratie chez les grenouilles et de la sainte paix chez Jupiter. D’après une fable de La Fontaine.

Dans les griffes de l’araignée

de Ladislas Starewitch

France - 1920 – muet - pochoir, virages couleurs - 18min (35mm)

Eblouie par Miss Phalène venue de la capitale, Dame Aurélie, la Mouche, va tenter sa chance à Paris.

Amour en noir et blanc

de Ladislas Starewitch

France - 1923 – muet - n&b - 15 min (35mm)

Charlie Chaplin, Mary Pickford, Tom Mix, Ben Turpin et Eric Campbell courent, frénétiques, après le cachet et l’amour…

 

21h

La Petite Parade (version restaurée inédite)

de Ladislas Starewitch

France - 1928 - muet – n&b – 20 min (35mm)

Le petit soldat de plomb d’Andersen est amoureux de la Danseuse mais Casse-Noisette la convoite également  aidé par le Diable…

Le Briquet magique

de Bogdan Zoubowitch

France - 1949 – muet n&b - 19min (35mm) copie restaurée

D’après le conte de Hans Christian Andersen. Un jeune soldat s’empresse de dépenser la fortune qu’il avait trouvé grâce à une sorcière . Il ne lui reste bientôt plus qu’un briquet magique pour gagner les faveurs d’une belle princesse…

Le Lion devenu vieux

de Ladislas Starewitch

France - 1932 - n&b - 10min (35mm)

Maltraité et outragé, le Lion de La Fontaine devenu venu se souvient de son glorieux passé…

La Belle et la bête

Extrait 3’ environ

de Jean Cocteau

France - 1954 – n&b - 100min (35mm)

L’amour innocent d’une belle jeune femme délivre la Bête de sa malédiction, et la ramène à son identité de Prince Charmant. D’après le conte de Madame Leprince de Beaumont, avec Jean Marais et Josette Day.

L’Etrange Noël de Monsieur Jack [The nightmare before Chrismas]

Extrait 3’ environ

de Henry Selick

Etat-Unis - 1994 - couleur - 78min (35mm)

Jack Skellington est le prince d'Halloween, le roi de la fête macabre. Un jour, alors qu'il se lamente de son sort de roi de la peur, il découvre un monde nouveau lumineux et enchanteur : le pays du Père Noël. (Extrait avec des squelettes et des monstres qui font la "bringue")

Gueule de bois

de Ladislas Starewitch

France - 1954 – n&b - 18min (35mm)

Aux douze coups de minuit, un Diable naît d’une bouteille de rhum jetée par quelque ivrogne…et fait consciencieusement son métier de Diable.

Comment naît et s’anime une cinémarionnette (version restaurée inédite)

de Ladislas Starewitch

France - documentaire - 1932 – n&b - 3min (35mm)

Trois minutes au cours desquelles Ladislas Starewitch et sa fille Irène nous font la démonstration de leur art.

Carrousel boréal (version restaurée inédite)

De Ladislas Starewitch

France - 1958 - couleur - 15min (35mm)

Film testament ? A l’hiver succèdera le printemps… et pourtant Starewitch s’achemine doucement vers la fin. Une myriade d’étoiles étincelantes.

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Le programme du Forum des images présente cette soirée :

Ladislas Starewitch est né en 1882 à Moscou de parents polonais. Autodidacte, il s’intéresse à la peinture, à la photographie, mais surtout à l’entomologie. C’est pour expliquer la vie des insectes au Musée ethnographique de Kovno (Lituanie) qu’il tourne son premier film d’animation Lucanus cervus, où il utilise des scarabées naturalisés, filmés image par image. Le succès est immédiat. Le film La Belle Lucanide présenté en 1911 suscite l’admiration internationale. Obligé de quitter son pays au lendemain de la révolution bolchévique, Starewitch emménage définitivement en France à partir de 1920 et installe son studio à Fontenay-sous-Bois. Dès lors, aidé de sa première fille Irène qui l’assiste dans la fabrication des marionnettes et de sa femme Anna qui conçoit et fabrique les costumes, il entre dans la phase la plus prolifique de sa création. Nina, sa fille cadette, devient la vedette d’une série de films parmi les plus inventifs, mêlant animation, trucage et image réelle. Distribuées aux Etats-Unis et en Europe, ses œuvres lui valent des récompenses internationales. Il est aussi l’auteur du premier long métrage d’animation sonore, Le Roman de Renard (1929-1941), œuvre somme qui l’a fait reconnaître comme le père du film de marionnettes, auquel Tim Burton, Terry Gilliam et Ray Harryhausen rendent aujourd’hui hommage.

L’œuvre de Ladislas Starewitch a été " redécouverte " dans les années 1980, grâce au travail d’inventaire et de restauration des films et des marionnettes entrepris par Béatrice Martin-Starewitch, petite fille du réalisateur, et son mari François Martin. Cette séance sera l’occasion de présenter pour la première fois cinq films nouvellement restaurés : La Cigale et la fourmi, Les Grenouilles qui demandent un roi, La Petite Parade, Comment naît et s’anime une cinémarionnette et Carrousel boréal.

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